Être propriétaire d’un équidé : une vie à part

Dans la définition pure et dure, un blog est avant tout un ersatz (mot compte triple) de  journal intime. Alors même si ce blog nous permet de partager avec vous nos astuces et notre évolution, il est bon aussi d’écrire pour soi. Cet article sera donc un Selfie* assumé ;)

 

Préambule : Cet article n’illustre que ma situation. Toute ressemblance serait purement fortuite mais tellement compréhensible ;)

Aussi longtemps que je m’en souvienne, j’ai toujours voulu avoir mon cheval. Ça a été un rêve de petite fille, de pré-ado, d’ado et d’adulte désormais.

Quand Marine m’a parlé de Lulu pour la première fois, je me suis dit « Et si ? ». Après 20 ans à attendre, on n’y croit pas tout de suite. Et puis, j’ai rencontré Lulu. Et aussi ridicule que ça puisse paraître, il a tout changé. Il a comblé un vide qu’il y avait dans ma vie mais il ne faut pas croire que ce soit tous les jours facile.

Avoir un cheval fait remonter plein de choses. Des fois, on monte, on s’énerve et – en descendant – on comprend pourquoi. Il y a eu une période très compliquée en début d’année. Et il y en aura d’autres. Par contre, je n’ai jamais cessé de chercher des solutions et, pour le moment, on va dire qu’on s’en sort bien. Que ça aurait pu être affreux, surtout vu l’animal, mais qu’on est heureux tous les deux et que ça je le dois à certaines personnes qui m’ont épaulée mais surtout à nous-mêmes.

Parce-qu’en déplaise à certaines personnes, Lulu est la personne à laquelle je tiens le plus. Oui, une personne. Il est pour moi comme un ami, un enfant, un binôme. C’est lui. Et plus j’y pense, plus je me dis que ça n’aurait pas pu en être autrement.

Alors il a fallu faire des choix. Forcément, quand vous avez tout pour être heureuse mais que ça ne suit pas derrière, on se pose des questions. Quand on se rend compte que vous êtes constamment énervée alors qu’il n’y a pas de raison évidente. Quand les personnes qui vous sont proches rejettent ce que vous êtes. Et ce que je suis, c’est une cavalière.

 

Faire de l’ordre dans sa vie

On va pas se mentir. Un cheval prend énormément de temps. En moyenne, 2 à 3h par visite sur une fréquence de 5 à 7 fois par semaine. Les journées n’étant pas extensibles – quand on cumule avec un taff de 39H – il faut bien faire des choix.

On peut essayer de tout cumuler mais, croyez-moi, vous ne tiendrez pas un an à ce rythme. Monter à cheval, c’est physique. Vous allez avoir besoin de dormir, de manger (beaucoup) et, de temps en temps, de faire la grosse devant la TV. Et puis, voir du monde en dehors de l’écurie, ça fait du bien aussi. Alors si en plus, le dimanche vous êtes en concours, soyons honnête, il ne vous reste plus chose pour vous ; et encore moins pour les autres.

Alors, même avec un compagnon très compréhensif, le cheval peut vite devenir un sujet de discorde. On est moins disponible et surtout on a d’autres priorités.

 

N’avoir le temps de rien

Après 1 an et demi, je dois avouer que je n’ai pas trop pris de temps pour moi ; pour sortir, pour voir du monde, changer d’air. Mais le plus frustrant dans cette histoire, c’est l’impression de ne pas avoir assez de temps… pour son poney. Oui, vous avez bien lu. Que pourrions nous faire de plus que le voir au minimum 15H par semaine ?

Et bien, après avoir attendu toute la journée que la fin de journée arrive ENFIN, de courir au cheval, de se dépêcher de seller, de monter avec les idées plus ou moins claires, de descendre, de ranger, de soigner puis de se rappeler qu’il est tard et qu’on vous attend. De courir encore.

Pendant un temps, l’idée va vous traverser l’esprit. Tout ça pour ça ? Travailler pour se payer sa passion mais ne pas avoir le temps de la réaliser pleinement. Oui, c’est un peu rageant.

 

Avoir des discussions un poil énervantes

Je vais pas vous mentir. Difficile de faire comprendre à votre hiérarchie que vous avez des urgences « Poney » et encore, sur ce sujet-là, je n’ai pas à me plaindre. Mais j’en ai déjà entendu des belles. Ou même des questions/remarques franchement chiantes. « Ha mais ça prend du temps un cheval » / « Mais tu ne peux pas comparer ça à un enfant » / « C’est qu’un animal, faut être plus ferme » / « Tu y vas si souvent que ça ? Mais t’es jamais là ?  » / « Ho c’est pas grave si t’es pas là une fois ».

A toutes ces remarques, je n’ai qu’une réponse : la violence à l’état pur.

 

Mais heureusement…

Poney est là ;) Et ça, ça vaut tout l’or du monde. Pour toutes les journées qui se finissent à 22h. Toutes les grasses mat’ perdues. Toutes les soirées par -15°C.

<3

 

 

5 commentaires pour “Être propriétaire d’un équidé : une vie à part”

  1. entierement d’accord je recent la meme chose….avec ma jument sauvee de la boucherie en 2010 …. ils sont notre enthousiasme ils lisent en nous comme dans un miroir, nous comprennent sans nous juger, ils nous font nous depasser par ce qu’ils savent etre la tout simplement a tenter de nous aider a communiquer notre tendresse notre compassion ; le meilleur de nous c’est eux qui le connaisse le mieux ! mais evidemment des sacrifices encore des sacrifices la peur de la blessure de nos protégés, par ce que personnes d’autres ne peut meriter tout cette affection qu’on leur porte ; j’entend encore dire, comme vous peut etre : » tu parles d’elle comme si c’etait ta fille , tu en parles de trop , ce n’est qu’un cheval….etc .. » et alors je n’aurai pas d’enfant alors laisser moi vivre avec ma jument !

    Les chevaux eux ne jugent pas ils nous accompagnent sur le chemin pour nous aider a mieux nous connaître nous meme….
    et pourquoi ils y arrivent si bien ? par ce qu’ils n’en profiteront pas derriere il vous font grandir vous font realiser vos rêves sans attendre en retour . ils vous aime tel que vous etes sans vouloir que vous soyez different ! ils essayeront meme de vous ressembler pour mieux comprendre vos souffrances et inquietudes….bref ces anges sont l’avenir de celui ou celle qui veut bien prendre le temps de passer aupres d’eux, sentir son odeur de noisette, ressentir la chaleur de son corps pres a vous rechauffer si besoin et sentir son souffle tranquille qui apaise ….

    voila effectivement 3 h par jours minimum de soins et d’attention pour seulement parfois avoir la chance de degoter 2 h de jeu en manege avec ma douce dans le mois : apres 3 h de transport par jour une formation continue de 7H30 a 18H si loin d’elle que je ne peux pas la voir le midi, et des journées du coup fatiguantes avec devoirs le soirs lorsque vous etes chez vous a 21H30 au plus tot ! que le lendemain matin il est parfois difficile de se lever a 5h lorsque vous avez pu vous coucher a 00H30 au plus tot ….

    Mais que de plaisir que ces quelques moments a ces côtés que de sérénité auprès de ma princesse équidé ! elle qui apaise mon mal être mieux que tout et m’aide a comprendre la maladie oui se sont des etres à part des anges venus du ciel des mers des terres bref ils sont la pour notre bien ! ca c’est certain !

    Alors merci pour votre texte ; oui il faut bien se dire que le paradis qu’ils nous offre vaut bien toute cette course effrénée car on sait pourquoi on court ….

    bonne nuit et bon reveillon !
    cordialement
    caresses a tous les eéquidés !

  2. Bonjour,

    je pense que beaucoup se retrouveront dans votre texte.

    En effet, le temps manque pour nous occuper de nos biens aimés.

    Comme vous, j’ai révé d’un cheval d’aussi loin que je m’en souvienne. Je vois encore ma maman m’offrir pour noel un abonnement à Cheval Star avec une carte où il était écrit « en attendant que tu puisses t’en offrir un ».

    Depuis juin, c’est chose faite, Taranto, petit espagnol de 4 ans est entré dans ma vie. Un peu mal en point mais tellement doux et attachant. Quand la journée se fini, je me presse à l’écurie lui donner à manger, vérifier l’état de ses pieds, et tenter chaque jour de le muscler un peu plus. Quand je suis avec lui, mes soucis extérieurs n’ont plus lieu. Je suis sereine. Biensur parfois je m’énerve, parfois je me déconcentre, parfois je suis fatiguée,… mais il est mon excutoire, mon moyen de m’évader. Je prends soin de lui le plus possible et pourtant j’ai l’impression que ce n’est pas assez.

    Comme vous le dites si bien les journées ne sont pas extensibles, encore moins celle d’hiver où le jour tombe avant 18h. Et puis j’ai mon homme qui m’attends à la maison et qui, même si il est très comprehensif et aime que je passe du temps avec mon cheval, aime aussi que je passe du temps avec lui.

    Certes notre vie est une course, mais que ferions nous sans notre plus fidèle ami et confident.

    Taranto et moi même nous vous souhaitons une bonne continuation et un bon réveillon

  3. Bonjour, question nourriture je voudrait savoir, Quand je donne un aliment a mon cheval qu’il ne connait pas il secoue la tête et « souri ». Je voulais savoir si c’est qu’il n’aime pas, qu’il est content ou autre! Merci d’avance et bonne continuation! ;)

  4. Il vaudrait mieux voir cela avec un spécialiste :) Les nôtres sont plutôt du genre affamés ;)

  5. Super votre blog! je découvre et j’adhère! Agricultrice, mère de 3 garçons,heureuse propriétaire de 2 chevaux qui vivent devant la maison, j’ai du tout repenser de ma vie mais je ne regrette rien, ils sont ma bouffée d’oxygène (pourtant je suis dehors tout le temps!). je les vois tous les jours, je les travaille 1 fois par semaine(je sais c’est peu mais les journées n’ont que 24h!), changement de pré, vérif des clôtures, maréchal ferrant, bref ça occupe ces petites bêtes là! mais que ça fait du bien , ne plus penser à rien , qu’à eux voir si ils ont besoin de qques choses d’autres et non, juste les papouilles et les caresses et sentir leur souffle sur soi en récompense. Je ne conçois plus ma vie sans chevaux! A bientôt et bonne continuation à vous!!

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